S’il est bien un précepte sur lequel nous tombons tous d’accord, c’est qu’il serait compliqué, voire autodestructeur, d’envisager agrandir une maison sans en connaître au préalable la solidité ou la structure de base. Un mur porteur détruit par erreur et tout peut s’écrouler tel un château de cartes.

En transposant l’idée dans le monde de l’entreprise, comment fait-on pour collecter toujours plus de données si ce n’est en envisageant de nouvelles solutions de stockage et en modernisant l’architecture des bases de données ?

Si un plan d’architecte peut répondre au besoin dans le cadre d’une rénovation de bâtiment, pareillement une cartographie des bases de données va solutionner la même interrogation pour l’entreprise.

Pour un bâtiment, le plan de la construction – telle qu’elle est – va replacer dans l’espace les murs, les portes, les fenêtres, les câbles et autres tuyaux – traditionnellement, un plan de niveau qui donne une vue d’ensemble « du dessus » – plan sur lequel un architecte pourra se baser pour ajouter ou transformer des pièces.

Si l’on transpose cette analogie dans le cadre de la modernisation d’un système d’information, la cartographie fait figure de plan d’architecte pour une maison déjà construite : il s’agit de réaliser l’inventaire de toutes les bases de données, programmes, scripts et documentation de l’application existants afin de s’assurer de pouvoir obtenir une connaissance complète de l’application informatique et des données destinées à être transformées (voir la Modernisation des Applications Existantes). C’est seulement après avoir réalisé cette tâche ardue et exigeante que l’on pourra envisager de déplacer, voire de transformer, les contenants (les bases de données) et leurs contenus (les données), sans risque.

En quoi une cartographie est-elle essentielle ?

Dans le cadre d’une migration de bases de données, les avantages-clés sont les suivants :

  • Maîtrise des données
  • Qualité accrue des données
  • Evaluation des risques / coûts

Si ces éléments permettent indéniablement de comprendre la nécessité de l’exercice, il est une raison des plus importantes qui n’est pas à négliger non plus, et là tous les types d’organisation sont concernés, de la plus petite PME à la multinationale en passant par l’E-commerce et les associations : le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD).

La multiplication des données, et la difficulté grandissante à les tracer, a donné naissance aux règlementations de protection, notamment de la vie privée (ePrivacy) et des données personnelles (RGPD). En effet, sur simple demande d’un individu résidant en Europe et désirant connaître quelles données une organisation dans le monde possède sur lui, celle-ci est dans l’obligation de répondre favorablement et d’une manière complète (en vertu du droit à l’accessibilité). Mais pour cela, faut-il encore pouvoir retrouver de façon précise toutes les données concernées par la requête. Car en effet, comment protéger les données personnelles ou justifier les divers traitements faits de celles-ci quand on ne sait pas au préalable de quelles données l’on dispose exactement, ni où elles sont stockées ni même qui y a accès au sein de l’entreprise et parmi les sous-traitants. Là encore, la cartographie a donc un rôle déterminant à jouer.

Nous avions abordé les exigences liées aux traitements et les rôles dédiés à ceux-ci au sein des organisations dans notre article Comment survivre au RGPD grâce à l’un de nos séminaires. On peut difficilement imaginer comment répondre favorablement à la mise en conformité au RGPD (ou toute autre règle de protection des données) sans avoir une très bonne connaissance du contenu de son système d’information (le triplé « quoi », « comment » et « où »).

En conclusion

La cartographie a donc pour conséquence d’apporter une solution sûre et qualitative en fournissant une documentation technique automatisée et exhaustive, ce qui répond parfaitement aux besoins de l’entreprise en matière de modernisation et de gouvernance des données.

Si l’architecture du système d’information s’en trouve solidifiée, il sera d’autant plus aisé d’agrandir sa structure initiale sans risquer que tout s’écroule (ou ne redevienne un marasme de données quasi inutilisables).